Jean-Louis Bruguiere et la lutte antiterrorismeLe jeudi 1er décembre 2011, le Rotary Club Paris Concorde a accueilli, lors d'une conférence de prestige, le juge Jean-Louis Bruguiere, qui a consacré sa carrière à la lutte contre le terrorisme et nous a fait part de son expérience. Plus d'une centaine de participants étaient présents. Les bénéfices de la conférence sont au profit de nos opérations humanitaires.
Actuellement, les services de Police en charge de la lutte antiterroriste empêchent en moyenne 2 tentatives d'attentat par semaine sur le sol français depuis le début des années 90. Comment font-ils? Suite au attentats de 1986 à Paris, la France s'est dotée d'un arsenal juridique permettant de lutter contre les associations terroristes. Ce texte permet notamment de mettre sur écoute téléphonique, perquisitionner et interroger, de façon encadrée, toute personne ou tout groupe soupçonné d'activité terroriste. Les services de renseignements ont infiltré les milieux terroristes et suivent, dans l'ombre, les mouvements et rencontres des suspects. Ils se tiennent prêts à intervenir en cas de menace avérée, comme l'y autorise leur statut de force de l'ordre. C'est ainsi que depuis l'attentat de 1996 dans le RER B à la station Port-Royal, il n'y a plus eu de tel drame sur le sol français. Même si cela reste toujours possible, et que la France reste particulièrement menacée, les services de sécurité ont jusqu'à présent réussi à démanteler les réseaux avant leur passage à l'action. L'activité terrorisme est actuellement le fait d'une nébuleuse, par opposition aux réseaux structurés des années 70 (RAF, Brigades Rouges...). La France s'est organisée pour lutter contre cette nouvelle forme de menace par une activité "sur le terrain". Les Etats-Unis, de leur coté, ont misé sur leurs outils technologiques pour se défendre. Cette approche a montré ses limites lorsque des attentats ont été déjoués in extremis et par hasard en 1999. La sureté américaine a alors demandé à la France de l'aide, par l'intermédiaire du juge Bruguiere. Cette collaboration s'est effectuée par échange d'informations, mais aussi de méthodes. Même si les attentats du 11 septembre 2011 n'ont pu être évités, un grand nombre d'actions communes à permis de réduire sensiblement les pertes en vie humaine. |